Mais c'est qu'il cherche la polémique le LBM
Plus qu'à attendre que Christian ne vienne sur ce fil et ça va nous faire un joli débat
Je précise de suite : je n'amalgame pas et reste aussi objectif que possible!
Hormis les différences liées au régime micro-social simplifié, on entre dans un débat aussi vaste que l'univers...Entre
"les vrais professionnels ont des diplômes", "ils paient plus de charge, d'impôts, de taxes" et les
"un auto-entrepreneur casse le marché car c'est souvent une activité secondaire, il a déjà un revenu et casse les prix", les
"ils bossent comme des porcs", "se croient tout permis", etc...les critiques vont bon train.
Si vos arguments vont relativement plus loin que le bout du nez de nombreuses personnes, force est de reconnaître que le fossé qui sépare un auto-entrepreneur d'un assuré dépendant du régime de droit commun peut s'avérer réellement creusé.
Je ne peux recenser tous les arguments, mais en vrac :
-Un AE peut bénéficier du congé maternité (environ 6000€ de prestations) sans débourser le moindre centime.
-Un AE peut effectuer des travaux d'artisanat (pas tous) sans régler quoi que ce soit à la CMA.
-Un AE peut bénéficier d'avantages liés à son statut de professionnel sans débourser le moindre centime.
-Un AE peut bénéficier d'indemnités journalières en ayant versé 97€.
-Un AE aurait pu (plus depuis le mois d'avril) se voir valider un trimestre sans débourser le moindre centime.
-Un AE ne paie ni pour s'inscrire, ni pour se radier.
-Un AE peut décrocher un marché public sans être à jour de ses cotisations (s'il n'a rien déclaré, facile).
-Un AE peut travailler "au noir" encore plus facilement.
-Un AE peut se voir exonéré de CET en optant pour le prélèvement fiscal libératoire et ne rien payer (en ne déclarant rien).
Voilà un petit panels d'avantages qui peuvent ne pas être négligeable. Cependant, vous aurez remarqué (si vous êtes assidu, cher lecteur) un dénominateur commun aux composantes de cette énonciation :
Nous parlons ici majoritairement de l'AE profiteur, ce qui heureusement est loin d'être le cas de tous, et cette particularité ne leur est pas réservée. Et tant qu'on y est, et puisque l'un ne va pas sans l'autre, incluons le client de l'AE peu scrupuleux ou regardant qui lui aussi casse le marché en ne voyant que le prix et non la qualité de la vente et du travail effectué. Un peu comme les entreprises multi-services de plomberie/couverture/tapisserie/peinture/serrurerie/fleuriste/garagiste/informaticien qui fleurissent dans les grandes villes et qui vous laissent leur carte de visite plastifiée dans la boîte aux lettres.
Le point de vue de chacun est recevable, mais ce qui à mes yeux est certain c'est que nous ne devons pas gâcher notre plaisir de voir ce statut qui permet enfin à tout un chacun de se lancer dans le grand bain de l'Indépendance en prenant un minimum de risques. Certes, il arrive tard et a de quoi susciter bien des jalousies, mais il est là et semble bien né.
Ne perdons pas de vue que ce statut a été créé en étant envisagé telle une activité de complément et non un métier principal, et est censé servir de tremplin à l'Indépendant qui aura ainsi pu prendre la température et passer à l'étape supérieure. L'esprit d'entreprise au véritable sens du terme, en somme....Comme je l'ai dit sur un autre forum, l'homme étant ce qu'il est nous pouvons (devons) lui faire confiance pour profiter de la moindre possibilité de dérive.
Il faudra par conséquent mieux encadrer l'auto-entrepreneur, définir avec plus de précision ses limites, peaufiner les détails mais cela va se faire doucement. Le débat est ouvert,
Mr Novelli doit déjà en découdre avec le le Sénateur Jean Arthuis, d'ailleurs. Nous sommes en France habitués des remodelages "tardifs" et l'AE ne fera pas exception à la règle.
A titre professionnel j'encourage les AE créateurs à s'informer au maximum, à ne pas prendre à la légère ce qui leur apparaît tel un statut facile et à ne négliger aucun détail. C'est une activité indépendante à part entière qui doit être envisagée avec plus grand des sérieux.
AsdePique.